Définition ISR | Gestion éthique ou Investissement socialement responsable

Ecrit par Argoul

L’éthique rassemble des principes moraux ou religieux. Mais elle peut s’étendre à l’économie et au mode de développement ; on l’appelle alors « socialement responsable ». Une entreprise n’a pas pour objet social la morale, mais l’efficacité du profit ; elle n’est pas au service de l’humanité mais de ses actionnaires. L’éthique n’est pas incompatible avec l’intérêt : conserver ses clients et prospérer signifie qu’ils vous font confiance et, si ce sont des principes moraux qui les guident, l’entreprise s’y adapte. Il y a alors non pas morale mais convergence d’intérêts. Telle est la pression de l’ordre éthique sur l’ordre technique, qui passe parfois par l’ordre politique (s’il y a un avantage fiscal par exemple). D’où l’émergence d’un nouveau capitalisme, au service du client, propre à l’Asie. Ces fonds sont nés en France dès les années 1920 sous l’égide d’institutions chrétiennes qui refusaient d’investir dans les « valeurs du vice » (alcool, tabac, armement, jeux, sexe, plus tard contraception, nucléaire, vivisection, etc.). Les gestions islamiques doivent être respectueuses de la Charia, la loi donnée par Mahomet et interprétée par les oulémas. Sont interdits le prêt à intérêt (riba), l’incertitude (gharar), la spéculation (maysir) et les investissements qualifiés d’immoraux (haraam). Par exemple jeux d’argent, armement, produits contenant du porc, tabac, alcool, pornographie, services financiers classiques, entreprises excessivement endettée. Sont permis le partage des profits et des pertes, les dividendes des actions, le capital-risque et tout ce qui est adossement à un actif tangible. Les investissements peuvent se faire par exemple en sukuks, des créances ayant valeur de titres de propriété et donnant droit à un remboursement progressif de capital.

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